TIDIAN

TIDIAN

Tidian

Une fille nommée Tidian avait perdu sa mère. Sa marâtre, une coépouse, la faisait travailler dur : piler le mil, aller chercher de l’eau, ramasser du bois mort, laver le linge, aider à la préparation  des repas, tel était le lot quotidien de Tidian.

A l’approche d’une fête, toutes les jeunes filles devant se coiffer, Tidian demanda à sa belle-mère la permission d’y aller elle aussi.

La  marâtre soucieuse de sa réputation, accepta à sa façon :

-lorsque tu auras achevé tous tes travaux, tu pourras t’en aller.

Le lendemain, dès l’aube, les jeunes filles vinrent chercher Tidian, mais elle s’excusa :

-je dois d’abord m’acquitter de mes tâches, allez devant, je vous rejoindrai plus tard. Comme je ne connais pas bien la route, lorsque vous serai à un carrefour, vous voudrez bien m’indiquer le chemin à ne pas prendre en plaçant en travers un rameau feuillu.

Tidian termina assez tard dans la matinée, et se mit en route en courant. Elle arriva à un croisement et s’arrêta. Une branche fraîchement détachée avait été disposée à l’entrée d’un des deux sentiers. Mais ses camarades mécontente de son refus et ayant cru qu’elle avait eu une réaction d’orgueil, avaient décidé de lui jouer un mauvais tour en barrant en réalité la bonne piste. Seulement, ce qu’elles ignoraient, c’est que la voie laissée libre à Tidian menait au repaire d’un serpent génie appelé Balassara.

C’est ainsi que Tidian parvint à la grotte du boa magicien. Lorsqu’elle s’en aperçut, il était trop tard. Elle entendit un sifflement aigu et frémit. Les yeux de Balassara, fixées sur elle, lançaient des éclairs :

-Réponds-moi, qui t’a permis de venir chez moi              ?

La jeune fille contint son émotion :

-J’ignorais que c’était ta demeure. Mes camarades m’ont trompée.

Le serpent se radoucit un peu :

-Que veux-tu exactement ? Parle.

Tidian se sentait plus sûre d’elle, osa déclarer qu’elle avait seulement l’intention de se faire coiffer avant la fête.

-Je te prie de me pardonner et de me laisser m’en retourner.

Or, entre beaucoup d’autres choses, ce boa savait merveilleusement tresser les chevelures, ajoutant mêmes des fils d’or et d’argent aux cheveux naturels. Ayant compris que Tidian s’était involontairement égarée, il l'invita à s’approcher :

-Je vais employer tout mon art  a te rendre séduisante. Mais prend garde a ne pas parler de moi au humains ; tu risquerais la mort, car, ou que tu te trouves, je saurai te faire surveiller !

La coiffure de Tidiane fut dons mêlé de fils d’or et d’argent. Le serpent remit à Tidian avant de congédier, un vieux bonnet destiné à cacher la merveille.

-VA maintenant, tu ne te découvriras qu’au moment de la fête.

Tidian rentra au village.

Le soir de la fête, en attendant le début des danses, les jeunes gens, garçons et filles, jouaient sur la place publique. Un jeune homme se mit  à railler Tidian, puis il finit par soulever le vieux bonnet. Les gens virent alors resplendir les magnifiques tresses et s’extasièrent

-qui t’a si bien coiffée ?

Mais malgré l’insistance de chacun, Tidian ne voulut pas révéler le nom de l’habile artiste.

Tout le village-hommes, femmes et enfants-vint admirer le chef-d’œuvre. Et à tour de rôle lui promettant diverses récompenses, la marâtre, son père et même le chef du village la pressaient de questions.

Mais Tidian resta muette.

La population se réunit et décida de faire appel à son fiancé.

Le jeune homme essaya par la douceur de faire parler son amie. Mais il n’obtint rien de plus que les autres.

Tu ne m’aimes donc pas ! Tu me caches certaines choses. Comment aurais-je confiance en toi pour l’avenir ? Prouve-moi que tu tiens à moi !!

Pressée de la sorte, Tidian avoua enfin :

-C’est Balassara qui ma coiffée.

Tidian ne savait pas que Balassara avait chargé un oiseau de l’épier.

Aussitôt qu’elle eut parlé, l’oiseau-espion se mit à chanter tout près d’elle :

Tidian resta fidèle à sa parole.

Elle a résisté aux sollicitations.

Aucun autre que son bien-aimé, seul à seul

Ne réussit à lui faire risquer sa vie.

Tidian, résignée se leva et suivit l’oiseau, qui volait d’arbre en arbre jusqu’au repaire de Balasara.

L’oiseau répéta sa chanson au serpent. Balassara, prétextant qu’il n’avait pas bien entendu, lui ordonna de venir tout à côté de lui. Tidian tremblai …

Mais le boa dévora l’oiseau et relâcha la jeune fille :

-Tidian, tu as repoussé les offres les plus tentantes. Tu m’as ainsi prouvé ta discrétion et ton honnêteté. Ta fidélité à ton amour t’honore, et je te rends la liberté.

 

MAMBY SIDIBE

 

#YAAKKA # CONTE#CESTCHEZNOUS     

 

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